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Notice sur “CONFLUENCES “ Op. 70

 Grosznjan, août – septembre 1974 – durée : 10’

La notion de “ confluence” peut se comprendre dans cette œuvre à différents niveaux. Le plus élémentaire : deux groupes instrumentaux s’ opposent ou s’ unissent par l’ intermédiaire d’ un 3ème plus réduit ( le piano et la contrebasse solo ). A un autre niveau moins apparent mais plus formel, plus interne : deux ensembles de cinq séquences alternantes très différenciées dans leur conception respective : les séquences impaires usant d’ une écriture approximative et exploitant davantage le contenu “ bruit “ toujours inclus soit dans le matériau soit dans l’ environnement initial d’ un phénomène sonore même instrumental poli par certaines cultures. Le bruit serait peut – être le son refusé subjectivement comme certains désordre serait un ordre non accepté toujours aussi subjectivement. Les séquences paires au contraire écrites avec précision – sur des portées traditionnelles – sont des îlots de résonances acoustiques , d’ images musicales voire mélodiques d’ où le bruit est exclus (Effet de nasard, tuilage, en quart de tons, scherzando avec contrebasse solo et percussion sèche, agitation statique et statistique etc ). De plus un certain nombre de relations internes viennent encore renforcer l’ idée de confluence entre ces deux mondes sonores, entre autre l’ antique section d’ or qui commande le découpage de l’ œuvre dans le temps relativement à la somme de durée de deux groupes de séquences. La confluence proprement dite est symbolisée dans la séquence finale par une double klangfarbenmelodie ( invention à deux vois traitée sériellement ) qui se développe en combat-mêlée et aboutit à un unisson tutti pianissimo ponctué par un triton mélodique ponctué qui peut rappeler les anciennes divergences mais dont le rythme est on ne peut plus régulier calme et berceur.

Dans les séquences bruiteuses, on remarquera l’ utilisation d’ un très grands nombre d’ instruments à percussion dont certains ne sont utilisés qu’ une seule fois de façon à former une sorte de klangfarbenmelodie de percussion. Le piano est aussi utilisé d’ une façon inhabituelle ; utilisation d’ un grand rouleau en carton de façon à pouvoir enfoncer 80 touches simultanément, jeu direct sur les cordes, une feuille métallique est parfois posée sur les cordes graves. Utilisation de sons multiphoniques aux instruments à vents, jeu derrière le chevalet aux cordes de façon à obtenir des sons stridulants indéterminés comme des sons d’insectes etc.

Bien que le compositeur n’ ait pas du tout l’ habitude ce composer en voyage ou hors de chez lui et s’ en sente même incapable, l’ œuvre a été “conçue” et presque composée mentalement jusqu’ à un certain point avec certain détails écrits durant l’ été 1974 au camp des Jeunesses Musicales de Groznjan où l’ auteur donnait un séminaire sur LULU de Berg. Les nuits d’ été calmes et claires de l’ Istrie ainsi que la vision d’essaim d’ étoiles filantes propre au mois d’ août et de passage de satellites a peut – être agi sur le subconscient musical du compositeur ou tout au moins provoqué le déclic. Par la suite en effet il a retrouvé des idées encore vagues, notamment l’ idée de confluence et le procédé de la section d’ or à utiliser remontant à avril 1971 bien que par laz suiyte le compositeur que la « divine proportion »

Cette œuvre a été créée au Conservatoire Royal de Bruxelles par l’ orchestre de chambre de la RTBF sous la direction de n’est pas réalisable dans le temps musical.Pierre BARTHOLOMEE dans le cadre de la du festival de “ Reconnaissances des musiques modernes VI ”.

A propos de cette œuvre, le critique W. PELLEMANS écrit dans Het Laatste Nieuws du 24/2/75 : “ Met CONFLUENCES, is Paul – Baudouin MICHEL nu volledig naar de nieuwe strekking overgegaan .”

Voir aussi la revue CLE, L’ Art au présent de Février 1975 N°2.

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