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Paul – Baudouin MICHEL

 Notice sur LAMOBYLRINTHE ou DOVETAILED FORMS Op. 102

( 1979 – 19 à 22 ‘ )

 La musique étant un art du Temps, on connait l’ importance de la forme qui est la manière dont elle se déroule dans le temps jusqu’au moindre détail phraséologique. Les formes classiques centrées sur le langage de la tonalité ayant fort évolué aux XIXè et XXè siècles, on en est arrivé chez l’ école viennoise et par la suite à un art sinon informel ( voir les multiples “stuckes “, “pièces”, “ bagatelles”, “préludes”, titres aussi généraux que possible ) tout au moins remettant fortement en question l’ idée même de forme fixe même unique, même originale dans lesquelles parfois la notion de début ou de conclusion s’ évanouit complètement à l’ audition des œuvres . Des formes ouvertes ou mobiles ou encore variables que les interprètes peuvent parcourir différemment à chaque exécution ont donc été imaginées. Par la force des choses, une collaboration s’ établit forcément entre le compositeur et les interprètes sans que nécessairement le premier “ démissionne “ comme on l’ a parfois dit un peut vite, de son rôle de créateur puisqu’il imagine heuristiquement de nouveaux procédés de composition. Rien à voir donc avec la musique aléatoire. Telle est donc sinon la justification, du moins l’ explication, la démarche ou le propos du compositeur dans cette oeuvre ouverte dont le titre LABOBYLRINTHE est un mot – valise composé de deux mots emboutis : labyrinthe et mobile, un labyrinthe mobile temporel en quelque sorte image propre à faire rêver dont on trouve des exemples dans certains récits délirant de la Science – fiction dans lesquels le temps totalement relativisé devient replié sur lui – même, reptilien, en anneau de Moebius etc. ( Voir ELLIPSE pour 4 saxophone et 2 harpes du même compositeur ).

 En cas d’ exécution dans des pays non francophone, le titre peut – être remplacé par “ DOVETAILED FORMS “ ( formes en queue d’ aronde ).

 L’œuvre se présente comme une sorte de concerto pour piano solo et 19 instruments. Elle se compose de 14 séquences précédées d’ une “ ouverture “ et suivies d’ une “Fermeture “ ( circuit ouvert dans un espace musical fermé ). Dans ces deux dernières séquences, le parcours du piano solo est presque toujours décalé par rapport à celui de l’ orchestre, tantôt aussi il le précède, tantôt il le suit , tantôt, il est dans une certaine synchronisation assez lâche. Les 14 autres séquences sont de deux sortes, Heurts et Episodes qui doivent alterner. Dans Heurt un certains nombres d’ instrumentistes doivent se déplacer et jouer en force au – dessus des cordes du piano sans couvercle de façon à provoquer des résonances harmoniques particulières lorsque le pianiste joue muet. Paradoxalement, de tels rencontres aboutissent à une plus étroite fusion du piano avec l’orchestre.

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