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  • Paul-Baudouin MICHEL « TROIS NOCTURNES »  Op. 116 pour orchestre (1981)Ces TROIS NOCTURNES d’une durée de 20’ ont été composés en 1981. Cette œuvre a obtenu le prix Kamiel HUYSMANS . Elle utilise le grand orchestre avec une abondante percussion. Elle témoigne d’une sorte de néo-impressionnisme renouvelé par la vision actuelle du monde vision qui explore aussi bien l’intérieur de la matière,  le fond des océans  que l’espace sidéral. L’œuvre se compose de trois parties : Nocturne souterrain, Nocturne sous-marin, Nocturne cosmique.Un traitement particulier de l’orchestre est requis : utilisation de clusters travaillés de l’intérieur, sons multiphoniques, piano préparé, utilisation de différentes sourdines etc.  Afin de donner l’impression d’un tempo lisse c’est-à-dire de vitesse immobile comme dans un espace infini dont on n’a pas conscience à cause de l’absence de repères matériels, le compositeur utilise notamment dans Nocturne cosmique des séquences non mesurées et dans le même moment une imitation de son paradoxal (langsame glissandi parallel über den ganzen frequenbereich kontinuierlich) bien connu en musique électroacoustique c’est-à-dire d’un son qui donne l’impression de monter continuellement tout en restant immobile et ceci par des glissandi de cordes divisées.
  • Paul-Baudouin MICHELA propos de L’ERE DU VERSEAU  Op. 89 ( 1977 – 25′ )Soprano, Basse, chœur, récitant, et Orchestre.(extrait d’une interview accordée à la RTBF à propos du Prix Paul GILSON )« … chaque fois qu’il me vient une idée, qu’elle soit musicale ou extramusicale, je la note sur une feuille  me réservant de la réaliser ou de la développer lorsque l’occasion se présentera, une commande, une pression intérieure  ou simplement … le temps.Lorsque j’ai reçu la commandes de cette oeuvre de la RTBF pour le Prix Paul GILSON, œuvre avec texte en français, je n’avais donc  qu’une simple feuille blanche avec ces mots : « L’Ere du Verseau, opéra, cantate, ballet ?… ». La demande coïncidait donc avec l’offre et comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même (parfois), j’ai immédiatement écrit ce texte sur ce sujet que j’ai développé.…Grand amateur de Science fiction lorsqu’elle est de qualité, épopée et utopie de notre époque, j’ai fait une œuvre relativement futuriste, sorte de SF purement poétique sans technique ni fusée ni extra-terrestre et en renonçant absolument de ce fait aux séductions un peu faciles  que m’auraient offertes l’électroacoustique en la matière. Le texte a été structuré en fonction de mes préoccupations musicales de style, de forme et de couleurs sonores. Au niveau du contenu, il s’agit d’une vue prospective et poétique de l’avenir dans un esprit quelque peu Theilardien puisqu’il est question du Point Oméga; il s’agit donc d’une œuvre plutôt optimiste sauf dans la 4ème des 5 parties qu’elle comporte.»Le grand orchestre symphonique avec une cinquantaine d’instruments à percussion  a été utilisé; des émissions de sons dits périphériques  (multiphoniques, sons fendus) sont requis de la part des bois avec de nombreux changement de sourdines très diverses aux cuivres. Le chœur présenté sur une base de 6 voix – ce qui permet des harmonies plus pleines  – peut parfois se subdiviser jusqu’à 24 parties de façon à obtenir un cluster vocal; on utilise le chant, le cri, le murmure, la vocifération, le glissando vocal multiple.Le récitant déclame dans une sorte de sprechgesang naturalisé français. En effet, ce qui dans la pratique de la réalisation inspire un compositeur contemporain dans un texte ce n’est pas tellement le contenu de ce texte que la sonorité des mots et des phonèmes. Le compositeur a donc imaginé une sorte de mélodie récitée qui est en deçà de la mélodie    proprement dite. Le récitant doit « placer » sa voix dans différents registres. Il s’agit d’une déclamation  « à tons » sans pour cela qu’il y ait une sémantique multiple  comme dans la langue chinoise, cette sémantique se situant au niveau du poème lui-même. Une notation spéciale a été utilisée  pour le récitant, comportant une portée de  2 lignes délimitant  approximativement et arbitrairement trois registres de   hauteurs et c’est la position graphique des mots dans ou en dehors de ces deux lignes qui détermine la hauteur parlée du son vocal, le même procédé étant aussi parfois utilisé pour le chœur.
    Le connaisseur remarquera dans la 5ème  partie – chose tout à fait exceptionnelle chez PB. Michel -, une citation réorchestrée du thème du Rhin de Wagner, symbole du Verse-eau, source symbolique ici de toute  énergie vivante ou spirituelle.
    On remarquera également que l’Ere du Verseau commence exactement comme Rex Pacificus du même compositeur, œuvre également radiophonique ; après une introduction crescendo de l’orchestre sur un accord se déployant en éventail, le chœur chante dans les deux cas à bouche fermée en colorant le son par un mouvement des mâchoires et en le glissant. Il s’agit tout simplement de la lettre « M » première lettre du premier mot par lequel commence le texte dans chacune des deux œuvres, les deux premières syllabes étant aussi les mêmes, « Magnificatus est » dans « Rex Pacificus » et « Magnitude » d’ espace dans  « L’Ere du Verseau ».Avec Blanche GERARD comme Soprano, François MAIRET comme récitant et E. NICAISE comme basse, l’orchestre de la RTBF est dirigé par Ronald ZOLLMAN.
  • Notice sur « PLAIDOIRIE »Op. 141 pour le concert du 26 février 2.003 Paul-Baudouin MICHEL acheva ses études de composition à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth et à Darmstadt ou il rencontra les grands noms de la Musique nouvelle de l’époque. Quatre fois lauréats du Concours Reine Elisabeth de composition de l’imposé en seconde éliminatoire, il est aussi titulaire entre autres du Prix de l’Académie Royale à deux reprises, Prix radiophonique Paul Gilson pour “L’Ère du Verseau”, Prix spécial de la Ville de Genève pour son opéra bouffe de chambre vidéo “Orphée abymé”. Son œuvre très abondant aborde tous les genres depuis la méthode de piano pour débutants “ Piano mon ami “ jusqu’au grand opéra comme” Jeanne La Folle” représenté à L’Opéra Royal de Wallonie à Liège en 1993 en passant par la musique de chambre, l’oratorio “Le Cri d’Erasme “, l’électroacoustique, la percussion, “Choral de Corail “ pour 4 claviers, le chœur, la voix etc.
    PB. MICHEL a été directeur de l’Académie de musique de Woluwe-St-Lambert ou il a enseigné l’Histoire de la musique et l’harmonie, professeur de composition aux Conservatoire Royal de Mons et de Bruxelles, professeur d’Analyse musicale à la chapelle musicale Reine Elisabeth. Il est aussi conférencier musical et membre de l’Académie royale des arts et des Sciences de Belgique.
    PLAIDOIRIE” tente de transposer dans le domaine sonore l’articulation du langage parlé depuis son murmure intérieur (la pièce commence par des chuchotements dans les embouchures des instruments à vent) jusqu’à son éloquence furieuse encore renforcée par une abondante percussion parfois insolite. ( utilisation du waldteufel, ou “wah-wah” instrument folklorique montois remontant dans la nuit des temps et destiné à chasser les mauvais esprits de l’hiver.) Mentionnons aussi l’utilisation de trois “Témoins” sorte de cadences de solo instrumental qui peuvent se placer à certains endroits non déterminés de la partition.

    Notice sur ELLIPSE Op. 123  ( 20’ )

     Cette œuvre composée d’ octobre à juin 1983 pendant que le compositeur était déjà en train de méditer sur son futur opéra “ Jeanne la Folle “ et prévue pour Quatuor de saxophones et 2 harpes est une œuvre ouverte ou plus exactement mobile c’ est-à-dire à parcours dont la forme change à chaque exécution et dont le procédé de mobilité se veut original. 13 séquences fortement différenciées peuvent se succéder selon le principe de la permutation circulaire dans un sens ou dans l’ autre. Deux autres séquences dites »Foyer » , l’ une rapide, l’ autre en moto perpetuo et qui attirent particulièrement l’ attention par leur caractère de “ forme forte” ne peuvent se placer que séparées par 3 autres séquences , un prélude et un postlude en tournant le tout.

    A remarquer que le moto perpetuo est le développement d’ une série de 96 notes, celle – ci étant le développement d’ une série de 12 par un procédé mécanique de permutation; le résultat auditif parfaitement perceptible donne une impression assez curieuse d’ immobilité tournoyante qui pourrait évoquer une danse reptilienne ou celle d’ un derviche tourneur.

    Il ne s’ agit donc nullement de musique aléatoire mais d’ une recherche de haut niveau pour trouver des procédé de composition. Si les interprètes interviennent dans la composition de la forme, le compositeur ne “ démissionne” pas pour autant – pour reprendre un cliché éculé – mais , au contraire, il s’ élève jusqu’à l’ heuristique musicale.

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