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Notice sur “SUITE HÉTÉROGÈNE” op.145

Ainsi que le titre l’indique, cette suite pour piano n’offre aucune unité. Il s’agit de pièces disparates dites “ de caractère” qui diffèrent par le style, le degré de difficulté et poursuivent des objectifs différents; certains ayant même un contenu pédagogique.A cause des citations de style on peut considérer cette suite comme postmoderne malgré le caractère fourre-tout de cette étiquette.

La 1ère,”Métabolisation du 1er Prélude de Chopin” est une amplification, un développement même avec variations très libres et surtout modulations tonales de cette sorte d’ouverture aux autres préludes ( une sorte de pré-prélude) et qui exploite le motif typiquement pianistique de cette musique “ de “ piano ( et non “pour” piano). Il est très souhaitable que cette “Métabolisation” soit précédée de l’exécution du 1er Prélude de Chopin et directement enchaînée. Il se peut que l’interprétation de cette métabolisation modifie et influence après coup l’interprétation du Prélude de Chopin lui-même et la compréhension qu’on peut en obtenir qui se voit ainsi en quelque sorte métabolisé à l’avance sans qu’on y modifie la moindre note. Il s’agit du concept bien connu de causalité réciproque appelée “ feed back” En jouant Chopin, l’interprète devra donc déjà penser à sa métabolisation exactement comme un exécutant se chante mentalement la mélodie alors qu’il ne joue que l’accompagnement qui la précède le cas échéant. Imprudent et impudente façon de faire parler les morts, dira-t-on. Peut-être.

La 2ème pièce “ Berceuse pour Alicia ” (2004) utilise une mélodie pour flûte alto écrite par l’auteur dans sa cantate du concours de Rome en 1959 et qui fait l’objet ici d’un développement plus ou moins varié et/ou ornementé. La 2ème phrase utilise le mode japonais pentaphone hémitonico-tonal.

La 3ème pièce “Intermezzo rêvé” (1961-2004 ) se voulant énigmatique de par son propos n’a pas besoin de commentaire. Pour aider l’imagination, toutefois, on peut consulter le deuxième mouvement de la 32ème sonate de Beethoven op 111 au cours duquel les deux mains du (forte)pianiste s’écartent l’une de l’autre d’une façon vertigineuse. Voir aussi le commentaire du personnage-conférencier dans “Le Docteur Faustus” de Thomas Man.

La 4ème pièce « Réponse d’ Elise » ( commencée au XXè siècle oubliée ensuite et achevée  … en 2004 ) se passe de commentaire. Malgré son style désuet bouillonnant de clichés, on remarquera quelques extrasystoles harmoniques.

La 5ème pièce” Paysage martien ” (1990) qui a reçu un Prix au concours E.P.T.A Belgium initie l’enfant pianiste à l’exécution des “clusters”. Ce n’est pas pour autant une étude systématique pour cluster lequel ne représente ici qu’une sorte de champ gravitationnel ou magnétique qui doit certainement modifier la perception dimensionnelle que l’on aurait si on se morfondait sur d’autres planètes , satellites et autres patates cosmiques. L’auteur détestant que l’on joue des clusters avec les avant-bras comme on le fait habituellement avec l’imprécision qui en découle, l’exécutant utilisera pour ce faire un rouleau en carton de 46 cm de longueur et d’un rayon approprié à sa prise. et qui lui permettra d’enfoncer un nombre déterminé de touches d’un seul bloc.

La 6ème pièce “ Danse ex-barbare ” qui date de 1987 et a reçu le Prix “Nationale wedstrijd DMP” sera d’une esthétique complètement dépassée dans la mesure ou il n’y aura plus de barbares. On se contentera alors de la jouer aussi lentement que possible en marche funèbre.

NB : Toutes ces pièces sont permutables. On peut même n’en jouer qu’une seule ou deux.

 

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