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Paul-Baudouin MICHEL

Notice sur PERSONA  Op 147 pour piano

Cette pièce pour piano solo a reçu le prix de composition de l’œuvre imposée aux épreuves de seconde éliminatoire du Concours musical international Reine Elisabeth 1991 et a donc été exécutée 24 fois de suite.

PERSONA est un mot latin qui signifie :

– Masque d’acteur

 – Caractère, personnage de théâtre, rôle (“ Quand nous aurons joué nos derniers personnages …” Charles Péguy )

 – Individu, personne

 – Aussi, deuxième personne de l’impératif présent du singulier de” Personare” verbe latin qui signifie ; faire retentir, faire résonner un instrument de musique. C’est donc une injonction à l’interprète : “ fais résonner ton instrument !”

 Extrait d’une interview accordée au journal “La Libre Belgique”

“ Les contraintes ne sont pas immenses. Ce doit être une œuvre courte de 6 à 7 minutes, brillante et qui mette en valeur la virtuosité des candidats. C’est un rondo-lied constitué de deux thèmes principaux qui alternent en étant variés, de plus en plus court jusqu’à la fin.. J’ai voulu donner une importance particulière au phrasé. L’interprète qui oublie parfois que la musique est l’art du temps par excellence oublie souvent de respirer parce qu’il joue trop vite.. J’ai voulu le lui rappeler, lui montrer l’importance de l:’articulation.

Il n’y a aucune tonalité mais les images sonores qui se succèdent ou font retour afin d’activer la mémoire de l’auditeur se développent selon le principe de l’efflorescence, de l’épanouissement des thèmes: entwincklung et non durchfuhrung ( … ) Pour composer cette œuvre, je me suis aussi imaginé être au milieu de la salle du Conservatoire Royal de Bruxelles dont l’acoustique est idéale mais aussi dans une certaine ambiance puisque 24 sensibilités et tempéraments différents devaient interpréter mais ce que j’attends surtout des interprètes c’est un sens musical, le sens de la phrase, de l’articulation, de la respiration, du toucher, de la couleurs sonore. Il y a en effet quelques effets de couleurs comme l’utilisation de la pédale de soutien qui permet de jouer staccato alors qu’un accord reste tenu et se voit réactivé. Il y a aussi l’imitation d’un jeu d’orgue dit le nasard. Simultanéité de figures sonores qui sonne à l’intervalle de douzième juste par exemple, la dernière mesure. 

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