Documents archives

Notice sur

QUATUOR à CORDES avec Percussions (2003 ) Op. 186

de PB. MICHEL

Depuis Berlioz, on cherche à diversifier les couleurs timbriques des instruments employés à l’orchestre ou en musique de chambre non seulement par de nouvelles combinaisons instrumentales mais aussi et surtout par de nouveaux jeux instrumentaux d’attaque ou de production sonore. Toutes sortes de pizzicatos des plus claquants aux à peine effleurés et d’attaques plus ou moins bruiteuses, utilisation du bois de l’archet ou de l’archet derrière le chevalet etc pour les instruments à cordes. Emplois de sourdines très diverses, flatterzungs, sons fendus ou multiphoniques préparations des pianos etc. Vers le milieu du XXème siècle sont apparus de nouveaux moyens de transformer le son instrumental par l’électronique ( filtres, échos modulation par anneau etc. ) l’informatique est encore venu surenchérir sur cette transformation en la rendant vivante et réalisée en direct puisque la machine réagit instantanément au jeu vivant de l’instrumentiste. Sans poser aucun jugement sur la valeur esthétique de telles entreprises souvent très difficiles à contrôler, il n’est pas exagéré de parler de tortures infligées sinon aux instruments du moins à leur timbre caractéristique.

Dans ce “QUATUOR à CORDES avec Percussion”, le compositeur a voulu aussi diversifier les couleurs sonores non point par des modes de jeu ou d’attaques inédits ou par des moyens électro-informatiques mais en y joignant une percussion légère qui vient parfois doubler les parties instrumentales quant il s’agit de percussion à sons déterminés tels que le vibraphone ou le xylophone et les cymbales antiques ( encore qu’un tel emploi ne soit nullement systématique ) soit en transformant les attaques par l’utilisation simultanée de percussion sèche comme deux wood-blocks, une petite caisse avec ou sans timbre ou dans leur résonance même par l’utilisation – toujours non systématique – d’une cymbale cloutée ou à chaînette ou d’un tam-tam ou de gongs qui viennent encore colorer l’enveloppe des sons ou des harmonies . Le compositeur ne s’est pas interdit cependant un développement dialectique de ces deux groupes instrumentaux afin que la percussion ne reste pas exclusivement subordonnée aux cordes mais que le concept de musique de chambre soit sauvegardé. En ce qui concerne la forme, le premier volet de ce triptyque rappellerait la forme rondo très fluidifié, le deuxième la forme rhapsodique avec renouvellement perpétuel des idées et le troisième un rondo-couleurs. Le langage lui-même selon l’habitude de l’auteur depuis quelques années utilise un nombre réduit d’accords ou d’harmonie assez reconnaissables malgré leur variante et leurs légères transformations. Là non plus il n’est pas question d’une “ grille ou série d’accord “ en hors-temps que l’on permuterait ou transformerait systématiquement en en multipliant les composantes intervallaires. Il s’agit simplement de créer une palette de couleur harmonique voire un style et finalement une unité en faisant appel à la mémoire de l’auditeur et à sa perception gestaltienne non seulement du spectre ainsi enrichi des sons émis mais de leurs attaques qui reste dans la mémoire inconsciente et même de leurs extinctions.

Pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35