Documents archives

Paul – Baudouin MICHEL

TERZA RIMA Op. 195 pour 12 instrumentistes est une commande de « Musiques Nouvelles » dirigé par JP Deside pour le Festival Ars Musica 2011. (voir lien)

Fasciné par la notion du Temps, l’auteur a toujours été passionné par la manière dont la musique se déroulait dans le temps (voir son discours académique sur le sujet) avec ses différents types de phraséologie (arborescence, variations, répétitions, accumulation etc) qui engendrent la forme. La tonalité ayant disparu, la forme classique n’avait plus de raison d’être. On flirtait avec la tonalité, on la quittait, on y revenait. Il a donc fallu trouver autre chose. Ici, on l’a deviné, le compositeur s’est inspiré non pas du contenu mais des tercets de la « Divina Comedia » avec ses rimes embrassées ABA-BCB-CDC  etc ce qui sauvegarde en même temps le procédé de répétition qu’on a eu tendance à exclure dans la musique d’aujourd’hui. Il s’agit en quelque sorte d’une phraséologie tressée. Quant aux types d’harmonies, qui en constituent à la fois le langage et le style, ils ont été considérablement réduits bien que les triades fassent partie d’une succession de 12 sons ce qui donnera une couleur stylistique à l’ensemble.Cette succession de 12 sons n’est donc nullement une série mais une suite d’intervalles qui engendrent des triades caractéristiques :DO-FA#-SIb-MI-LA-RE-DO#-FA-LAb-SI-RE#-SOL.

On aura remarqué que les six premièrs sons costituent l’accord dit mystique de Scriabine; les deux suivantes permettent le trille par demi-ton;Do#-FA-LAb qui révèle un Accord Parfait n’est jamais utilisé sinon dans sa forme renversée qui révèle un Accord de de Quarte et sixte mineure élargi ou serré les trois derniers sons  se combinent en triade de Quinte augmentée. Toutes ses combinaisons sont évidemment transposables et peuvent s’enchaîner. L’intervalle de quinte est toutefois évité puisque dans cette suite de sons les deux notes qui le constituent so,nt situées aussi loin aussi loin que possible l’une de l’autre et perd ainsi toute prégnance auditive. Lorsqu’il apparait dans l’une ou l’autre combinaison (par exemple: DO-FA-LAb-SI-MI-SOL ou SI-RE#-SOL-DO#-FA#-LA. Sa prégnance est aussitôt annulée par d’autres « dissonances ». Afin d’éviter l’esprit de système, d’autres amalgames qui n’ont qu’une vague relation avec la série d’intervalles de départ peuvent apparaître comme l’accord de septième diminuée avec double appogiature non résolue, l’une montante, l’autre descendante.

TERZA RIMA  pour quatuor à cordes Op. 201

est basé sur le même principe que Terza Rima 1 mais adapté aux cordes. Les harmonies sont tirées de l’Accord dit mystique de Scriabine complété jusqu’à 12 L’accent est davantage mis sur les aspects mélodiques répétés en tressage.(durée: 31 minutes)

SEIZE INTERLUDES POETIQUES pour piano 0p 196

PB. Michel avait déjà composé « 5 Postludes poétiques » pour piano op.33 (1967)

Tout autre chose préside à ce recueil dont la composition s’étale sur plusieurs années. On lit sur la partie introductive de la partition (édition CeBeDeM) : Bien qu’il ne s’agisse nullement d’une œuvre « ouverte ou « mobile », on peut jouer ces « interludes poétiques » dans un autre ordre. On peut n’en jouer que quelques uns ou même un seul toujours suivi(s) de (« …Nocturne cellulaire… ») qui devra être interprété si possible dans l’obscurité. Ce dernier interlude  a été commencé , quant à sa deuxième partie … en 1952 et n’a été achevé quant à sa première partie que récemment. Il avait été inspiré par un film de Cayatte n’en déplaise à ceux qui sentiraient une quelconque allusion à la biologie encore que… …    On se bornera ) énumérer les titres qui dans la partition apparaissent à la fin de chaque morceaux et ne sont que des suggestions :

I. ( … entretoise … )
II. ( … volubile et ragottier … )
III. ( … nasard … )
IV. ( … écume …)
V. ( … fondu-enchaîné … )
VI. ( … protocole pour Jeanne La Folle … )
VII. ( … neuronal … )
VIII. ( … le cœur de la matière … )
IX. ( … silence du regard … )
X. ( … cartilages … )
XI. ( … Hymne intergalactique … )
XII. ( … lucioles électroniques … )
XIII. ( … orbe déviée … )
XIV. ( … Horticolies … )
XV. ( … ondes fractales … )
XVI. ( … nocturne cellulaire … )
 
 

Pourquoi « Ondes fractales? La notion d’onde est plus importante qu’on ne le croit en musique, surtout électronique, malgré son aspect conceptuel (onde sinusoïdale, carrée, triangulaire, en dent de scie) telle qu’elle apparaît sur un ancien oscilloscope, on peut imaginer qu’elle  s’ornemente d’ondelettes, celles-ci d’ondelinettes et cela à l’infini. Objectif utopique évidemment surtout avec un simple piano acoustique. Dans l’idéal, il faudrait utiliser des moyens électroacoustiques pour en calculer toutes les dimensions paramétriques valables. Dans le cas présent, cette « onde »aura pour « compagne »(mot pris dans son sens astronomique) une autre onde moins ample, ornementée harmoniquement. En musique électronique, par exemple, on emploierait un autre type d’onde modulée différemment. Bien entendu ce titre n’est qu’une suggestion. Certains auditeurs pourront considérer cet interlude poétique comme une simple étude pour le piano, d’autres comme une toccata, une invention à deux vois, un canon rythmique en diminution, un choral figuré basé sur un « moto perpétuo » avec basse ornementée qui peut devenir soprano colotura vocalisant. A remarquer aussi que chaque mesure utilise les 12 sons regroupés par la magie de la permutation intervallaire. Pour parler un peu moins sèchement, on fera aussi remarquer que si jadis on utilisait des titres tels que « nocturne », »ballade », « préludes », (qui ne préludent à rien), rêverie », « feuillet d’album », « pièce », « stuck », et d’autres plus impressionnistes, il n’est pas interdit à notre époque, de s’inspirer de la science pour en quelque sorte, la poétiser. On connaît même les algorithmes de Xénakis et tel » Attracteur étrange ».  A quand la « Bourrée des trous noirs » ? (Notice de concert à l’ ARB)

Notice sur « Le sonnet des consonnes » op.199

La première idée de composer avec des bruits de bouche et du corps est venue au compositeur alors qu’il composait son « Requiem pour un Ordinateur » ( 1975) où en effet se trouvent des façons inhabituelles d’émettre des sons vocaux. Ce n’est que 25 ans plus tard que le projet se précisa en projetant de composer une pièce pour chœur ou ne seraient utilisées que des consonnes. Entre temps le compositeur avaient davantage exploré des possibilités vocales en composant plusieurs opéras. C’est seulement en juillet 2005 que plusieurs esquisses furent notées ainsi que le titre qui fait allusion au fameux « sonnet des voyelles » de Rimbaud avec plusieurs percussions. Mais c’est seulement en juin 20013 que le projet fut réalisé par écrit grâce à un nouveau logiciel de notation et en y ajoutant d’autres percussions comme le Xylophone, les castagnettes, le tambourin à boules

Pourquoi un chœur avec seulement des consonnes? Parce que la consonne est l’attaque même du son dans la musique vocale. Ce que certains chanteurs ont parfois tendance à oublier. J’ai aussi été frappé par cette anecdote selon laquelle Toscanini au cours d’une répétition à la Scala se serait écrié avec impatience en s’adressant aux chœurs : « moins fort les voyelles, plus fort les consonnes! » Dans le même ordre d’idée, l’attaque d’un son quelconque est ce micro moment au cours duquel tous les partiels (harmoniques ou non) se mettent en place et nous fait reconnaître le timbre ou nous en rend conscient. On connaît l’expérience déjà ancienne qui consiste à couper l’attaque d’un son enregistré sur BM et durant quelques secondes on ne reconnait pas le timbre et par conséquent l’instrument. Ainsi le son sinusoïdal pur (sans harmonique) n’a pas d’attaque. Cette œuvre est en quelque sorte une étude sur les attaques vocales d’un chœur mixte. Afin de ne pas choir dans la monotonie du bégaiement systématique et continuel, l’utilisation de consonne à prolongation telle que « s’ » qui offre des possibilité timbriques selon la position de la langue et ou des lèvres, « m’ » (déjà utilisé en bouche fermée), « w’ » « j’ »… avec enveloppe, glissando montant ou descendant. De plus l’accouplement de divers consonnes tel que « gr », « st », »sr », « rs », « pl », « dz » « str », « gn », « tl », « cl », « kr » vient encore accroître les immenses possibilités de ce procédé dont il faut encore faire quelque chose. Voila qui justifie l’ajout de percussion sèche ( wood blocks, Temple-blocks, Tambour de basque, castagnettes fixes, cymbales à pédale, râpe, claves, petite caisse, Mokubio, Hyoshigi, qui ne sont qu’attaque et viennent dialoguer avec les consonnes du chœur. A la fois pour des raisons formelles et mnémotechniques les consonnes simples ou doubles ont été regroupées de telle sorte qu’elles semblent extraites de mots réels tels que (dans l’ordre) :

katastrophe, Sardanapale, Zoroastre, Hannibal, Méphistofélès, Boris Godounov, Turandot, Jules Verne, Glastone, Mickiwiecz, tzigane, Kléopâtre, Radziwil, Grande Pâque Russe, Erasmus.

Notice sur « TRESSAPHONIE » Op. 198

Le compositeur de « TRESSAPHONIE » a toujours été intéressé par la manière avec laquelle la musique se déroulait dans le temps, d’où ses multiples méditations sur les formes, la phraséologie, le phrasé, les respirations, l’attaque même du son, son entretien , son extinction et enfin, la répétition qui fait travailler la mémoire de l’auditeur quel que soit le langage sonore utilisé. Dans une œuvre assez récente, « TERZA RIMA », on aura compris que les phrases, motifs musicaux ou images sonores se répètent à une certaine distance temporelle plus ou moins transformés ou variée selon le schéma des rimes (ABA-CBC- D…) dans la « Divine Comédie ». Ainsi, on en vient assez naturellement à la notion de Tressage  dans des œuvres ou reviennent à une certaine distance temporelle des motifs, phrases, images sonores avec bien sur des variantes de toutes espèces et engendrent ainsi sa propre forme. La mémoire de l’auditeur peut aussi fonctionner. Par ailleurs la répétition est ici coloristique grâce aux timbres particuliers et variés des métallophones qui viennent se joindre au quatuor à cordes, l’envelopper, y répondre (vibraphones, crotales, cloches-tubes, cymbale cloutée, triangles, peignes d’acier). De plus, pour ne pas choir dans une certaine grisaille non-tonale, le nombre de couleurs harmoniques a été considérablement réduit ceci non systématiquement toutefois surtout dans les passages de nature polyphonique ce qui ne peut que renforcer le caractère stylistique de l’ensemble, l’expressivité étant assurée par les profils mélodiques avec accroissement d’intensité ou l’inverse et autres accents. N’oublions pas qu’une mélodie, un thème est surtout une succession d’intervalles. L’œuvre d’une durée totale de 15′ se divise en 4 parties enchaînées avec des images sonores différentes malgré certains échos ou chevauchements.

—————————————————————————–

      On peut lire sur la partition de de « Terza Rima III » Op. 206 pour flûte, violoncelle et piano d’une durée d’environ 12′ 30 » et sur celle de « OCTUOR » pour quatuor de clarinettes et quatuor à cordes Op. 207 d’une durée d’environ 12’40 » le commentaire suivant :« A ceux qui estimeraient la vanité d’un tel travail pendant une guerre d’attentats, de fuites forcées de population et d’innombrables victimes innocentes de bombardements ou de tyrans dictateurs, on rétorquera que c’est la seule réponse possible d’un artiste âgé mis au placard et qui témoigne encore que la lumière de l’esprit humain doit être maintenue à tout prix même si cette musique ne sera probablement jamais jouée et n’a aucun rapport intrinsèque avec les événements susdits. De la musique fut aussi composée dans les ghettos et même dans les camps de destruction ou de prisonniers en cet absurde XXè siècle. »

Ces deux œuvres furent composées de novembre 2015 à mars 2016

 

——————————

Notice sur « PIERROT SOLAIRE » Op.202

Cette œuvre prévue pour flûte, Clar SI b, Clarinette Basse, légère percussion à son déterminé, piano, récitant et quatuor à cordes dont le poème est du compositeur lui-même fut composée du 1/12/2014 au 28/2/2015. et dure 32 minutes

Contrairement au Pierrot lunaire de Schœnberg, d’il y a un siècle et à tout ce qui se fait actuellement cette œuvre se veut franchement optimiste et même spiritualiste.

Le poème « Pierrot Solaire » est composé de distiques qui obéissent plus ou moins et sans systématisme à la bilatéralité qui est employée dans certains livres de la Bible recueils de pensées, livre de la Sagesse, Eclésiaste, psaumes, Livre des Proverbes etc. On propose une idée, on verbalise une constatation un principe, un conseil plus ou moins moral, une question même et on le répète avec d’autres mots, voire une simple paraphrase ou une légère amplification ou on le commente comme un très court développement. Il ne s’agit donc pas d’un raisonnement (thèse , antithèse, synthèse) ou d’une dialectique aristotélicienne qui, tend à prouver ). Ce bis répétita immédiat engendre une sorte ce balancement phraséologique qui n’est pas une simple duplication. Une tel procédé littéraire pullule dans la phraséologie musicale classique. On répète le même rythme mais pas les mêmes notes qui changent de fonction On répète les mêmes notes mais pas le même rythme etc

En ce qui concerne la présentation, tous les exécutant seront vêtus d’un pantalon blanc et d’une chemise à fleur. Le ou la récitant(e)seront d’abord vêtu en Pierrot traditionnel puis à la mesure indiquée en « habit » de lumière avec dorure. Le tout dans le style « Flower Power » sans dessins symboliques.

Texte de « Pierrot Solaire »

 Hamlet est ici et te questionne

mais je réponds à ta place

Ton chant devrait ragaillardir les pisse-vinaigre

et ton poème poinçonner les casse-pieds

Le vent se déploie;

il caresse tes électrons

 

Où valses-tu, zéphyr des buissonnets,

ou vous glissez-vous, globulets niais?

 

Le tonnerre gronde mais c’est déjà trop tard;

la foudre se révolte mais c’est en vain.

 

Les tambours, la grosse caisse du Pouvoir;

beaucoup de bruit qui dolorise les oreilles sourdes

 

Sinistrose, ventôse, pluviôse, névrose;

j’oubliais nivôse qui ensable les roses,

 

gélifient les épines dévêtues

mais protègent les racines ailées

 

Roch Oh-eh! les nuages bavards et rétrospectifs

ne me couvriront pas de leurs perversions

 

Solaris! Solaris! Solaris!

 

Déjà les potence se fendillent, craquent, cassent

leurs cols de fémur s’envolent

 

Ton temps fluctue, ta durée…

ton rythme évolue, tes septolets…

 

De chauds papillons blancs ont ravivé le soir;des nœuds se dénouent puis se renouent, des plis …

 

Unifié, tu restes énigmatique;

étalage sans consommer tu es.

 

Puisque les mots me manquent, dit-on;

ta Muse y pourvoira

(répétitif Pizz Piano Tr 17

 

Mettons un peu de lettrons dans tout ça:Tchi kalomet a koun tsé tchitard doclap, Diésis, tomak rochmikadora lumpenproletariat binoclackbinine …et tout l’ monde comprendreratttttttttt.trôse

Aucune vérité ne peut t’absorber;

tu combles avec sagesse les trous noirs

 

Tu dédaignes les pleurs hystériques

et tu évapores les larmes sans objet

 

Je ris, je danse, j’exulte;

j’aspire ta chaleur veloutée

 

Tu n’as pas de parfum, soleil,

tu es vraiment le parfum ricanant d’un mellifluent.

 

Le rivage est tendu comme un drap pulpeux

et l’océan caoutchouteux comme la peau d’un phoque

 

Ta lumière se pâme dans un carrosse doré;

un bruit blanc chuinte, il chuinte entre tes particules

 

Tu erres sur la terre en nous cherchant,

et tu cherches la personne humaine en l’aimant.

 

Perfusion!Diffusion! Transfusion

 

Soleil, drogue des savants et des artisans

métapoète énigmatique, idole intermédiaire

 

Tes rythme impairs, renouvellent mes rythmes organiques,

tes rythmes asymétriques enrichissent ma vertu cardiaque

 

Tu balaies du regard le spleen désamouré

et le pourchasse avec la boue étroite

 

Et si la lune toujours en deuil ne fait que ricaner,

tu ris sans cesse à gorge déployée

 

Transpiration, certes; aspirations, inspiration!

gonflement d’enthousiasme.

 

Tu peux aussi glousser de rire et te moquer;

je fais de même par quelques pointes acérées

 

Nos oiseaux-fourches nos voleurs de feu solaires

ne prélèvent que quelques gouttes fuyantes

 

Vulcanoclac pitrouile, dénicool, honor à tout vous, éclôture des modlaï, Yotlaï …memememmmm Miel lovitchènifstk fstk fstlk fstk

 

Les aigles narcotiques aspirent les cerveaux

et leurs crochets carnivores déchiquètent les corps.

 

 

Vautours, condors, et autres rapaces veulent te remplacer

par les ordures qu’ils récupèrent et autres charognes

 

Holà gypaète barbu qui te nourrit de moelle,

tu ne casseras aucun soleil ne suceras aucune planète

 

Mais je résiste à leur influx antisolaire;

vivent et houra les résisteurs bravistes

 

Le regard foudroyant de l’aigle ne me fait pas baisser les yeux;

sa raideur horizontale ne m’émeut pas

 

Toi l’ albatros, grand voyageur mais fidèle claque du bec;

Il dédaigne tes rayons mais préfère les déchets en plastique.

40 piano Tr (+ Pizz)

 

Aïe! Veveveve Yotlai éyotlaï ouéyotlaï rrrrrrrrrrrréyotlaï cr cr cr cr cr cr Yotlaïcrok

 

Le Temps trotte sur tes cheveux irradiés

et son galop m’inspire un chant fuselé.

 

Ta chaleur lumineuse me grandit

et expansionne mes neurones.

 

Toi aussi l’Albatros qui résouds ton énergie

Ton cœur pulse à l’unirythme du nôtre.

 

Gilles watellien, devenu Gilles binchois;

ta collerette devient décolleté-plongeoir

 

– Oui! jamais non, répond Pierrot;

– certainement , pas possible?! Renchérit le Soleil

 

Mutation! Permutation! Transmutation!

46

Le temps passe pour nous tous;

Mais tu le renouvelles avec ardeur.

 

Tes six dimension m’enveloppent:

avant, arrière, bâbord, tribord, zénith, nadir.

 

Mes quatre points cardinaux et la verticale

me font aussi bondir et surtout rebondir

 

Plus de grande roue en rappel,

ni d’horloges et leurs aiguilles.

Enlève ta perruque de flamme pour mieux saluer le matin;

mais, j’arrache la mienne trop froide pour toi.

 

Tes orages magnétiques ondulent ondulent,

ils croassent dans l’invisible.

 

Ils détricotent les étamines muettes

et les pistils s’épanouissent

 

Gros bourgeois des énergies,

il n’était pas midi et de l’aube émergeait ton gros ventre

 

Toujours exact à tes rendez-vous,

dès que tu les submerges, les ombres se révulsent.

 

Ta fournaise ventrale éclate de rire

et son tempo s’emballe et déraille.

 

Tu n’est pas le balourd que l’on redoute

et si tu te couches, je plongerai par dessus

 

Tu ne cracheras pas dans ta soupe;

tu n’ébouillantes personne en te fâchant contre les nuages d’ombre.

 

A propos de crachose et de bavardose

Tu ne te paies pas de mots mitratrouillards.

 

Tu fusilles du regard le brouet saumâtre de l’intelligentsia

dont l’anarchisme est un gadget à déplumer.

 

Mon soleil, humour des astres,

ou des gluons à fréquences particulaires

 

Pour aspirer ton aurore, je mettrai des mocassin légers,

des sandales en peau de dauphin.

(il ou elle se couche lentement et rampe sous l’obscurité dessous le piano où il ou elle en profite pour changer de costume )

… il réapparaît de dessous le piano et rampe vers coté cour

(Tr au piano 60/61))

 

Les rails rouillent les rails rouillent les rails rouillent kiportou gun’ gn’ goun’ politikch , aïe toutchisky hétumor Bibam bompatras bêm’bombimpupupou ipsofikadifffffffff… fth(il se relève d’un seul bond))

 

Comprenne qui pourra quand j’agite mes quatre membrillons,

quadruples cloches échoïdales

 

J’ai entrevu l’ombre dédoublée et ses miroirs menteurs;

mais ceux-ci n’ont fait que m’entrevoir.

 

La clé des songes n’explique rien, par ailleurs;

elle a fondu devant tes rayons siffleurs.

 

Les intellos sont devenus mélanco-pessimistes,

es psychosocio-philosophes piquent les champignons mazoutés.

 

Ma naïve maladresse lave, nettoie

jusqu’à user les voiles aveugleurs

 

Mais toi, tu plantes tes électrodes sur ma poitrine;

soleillon, tu choisis bien les seins mouvants

 

Détumescence, ah! Non

mon libre-arbitre, ah! Oui

 

Entropie trois fois, mais néguentropie aussi,

transformation, amélio, Transmutation, Lévitation de même.

 

(Piano tr 71 ))

 

rrrrriiiiiiiiiiiiilectropataquèssssssss ske ske ske ske -atrorrrrrrrrrrr -roumpétudirrrrrrrrrrrrrrre glossolalie grgrgrgrgrgr turpannetil, quakerquoi gnon…Ah ti-ou ouiche! Eh non n(e)h monokoto-osth’ manakata-asth’ minikitikètè-itsth

 

Quand Pierrot prie, il ne courbe pas le front dans la poussière;

il est crânement debout les bras tendus en corbeille.

 

Il ne cherche pas le bonheur des fauteuils vides et des oreillers roses;

il préfère la Joie exultante, exaltante, bondissante, créatrice.

 

Adieu le ricanement et la dérision;

ici le sourire jocondien interroge à jamais.

 

Il tourne les questions conductrices et les réponses attendues,

comme l’interviewer: n’est-ce pas vous que…

 

Ainsi l’écho répond avec d’autres mots

et le balancement rythmique gagne en équilibre.

 

Pierrot devenu aile solaire, chante,

danse librement son exultation.

 

Il chante : « j’ai trouvé mon Eurydice;

rien n’égale mon bonheur ».

 

Dédoublement des litanies, c’est son langage;

ainsi, les deux cerveaux fonctionnent.

 

Et les photons qui se détournent en le caressant

déroulent, aurore boréale, leurs draperies australes.

 

Tu traverses le maillage des quantas,

tu dédaignes le bruit de fond des commérages.

 

Adieu le cristal clair, impersonnel et ordonné

 

qu’une buée fumeuse vient brouiller en me recréant.

 

Ainsi le désenchantement que je refuse me fait clamer

car son chant bêlant source d’obscurité est dépourvu de vibrato.

 

Son opéra est aussi opération;

Il creuse, évide et purifie

 

Mais le sable mouvant devient chemin escarpé

et la lumière vient toujours d’en haut.

 

Résurrection! Résurrection! Résurrection !

 

(Tr sans vocalses 86)

 

Hé-lio … Helio …

 

Héliotrope, harem aux trois cent noms,

des « j’ai déjà compris » exsude le papillon enivré de vanille.

 

Tournesol fasciné par le levant jusqu’au ponant,

ton huile riche en énergie regorge de baisers sinueux.

 

Et maintenant se dit Pierrot, in petto:

Foin des « vues d’artistes » et des « formules maths ».

 

Tu vaux mieux que cela et que ceci encor;

J’entends mieux sans télescope, ni spectroscope et autres tyranscopes.

 

O vent solaire, brise du souffle invisible,

je baigne dans ta grâce suprême

 

Infime étoile mais gigantesque devant les atomes;

source de vie ignorant les astres morts et caillouteux.

 

Musica la dame du dedans jaillit et rejaillit

à gorge déployée, elle aussi, rit

 

Les grâces lumineuses et blanches baignent ceux qui ont un nom

et le prénom choisi devient mandorle.

 

Médiocrement pieux mais disponible;

pourrais-tu encore résister à t’envoler ?

 

 

Transverbération, je ne sais;

hypercœur, pas davantage.

 

Et au-delà des six dimensions solaires, Celui qui n’a pas de nom,

l’Indicible enfin répond (parfois) à celui qui l’appelle.

(100)

 

PB M

 

 

 

Notice sur « LE ROI DES AULNES »

 Oeuvre collective pour bande magnétique avec sons électroniques émanant de divers synthétiser -1978 – 8’ 38”

En 1978 le compositeur s’ était inscrit à un stage d’ étude ( un de plus ! ) sur l’ étude de quelques nouveaux synthétisers informatisés. A l’ issue de ce stage, l’ animateur, André Stordeur proposa aux participants de réaliser une pièce collective; comme il n’ était pas vraiment compositeur, il passa la main pour ainsi dire à PB. MICHEL comme professeur de composition ou comme coordinateur malgré les réticences de ce dernier.

PB. MICHEL en effet ne croit guère aux oeuvres musicales totalement collectives dans le cadre de la musique contemporaine ( ceci n’ est pas une profession de foi absolue, après avoir été témoin des tentatives de Stockhausen à Darmstadt en 1967 et 1968 qui produisit une musique plutôt environnementale à l’ issue également d’ un cours de composition).

Toutefois, au cours d’une réunion dans son jardin , par un bel après midi de juillet, on discuta sur la façon de s’ y prendre, le prétendu professeur n’ étant pas le moins embarrassé. C’ est alors que l’ un des participants, Jean DELBECQUE proposa de s’ inspirer du Erlköning de Goethe. Ce fut le déclic. Stordeur et Michel virent immédiatement tout le parti que l’ on pouvait tirer de ce sujet étrange et fantastique à personnages qui est déjà en lui – même le livret d’un mini-opéra parti que Jean n’ avait pas soupçonné lui – même.

Maureen O’ MEARA fut chargée de l Enfant dans les bras de son Père,

Gérard THOMAS, le personnage du Père sur son cheval,

Rudy KIEVENS , guitaristes basse le Roi des Aulnes planant dans la brume nocturne,

PB. MICHEL proposa de se charger de la Chevauchée qui servirait d’ ossature à l’ ensemble, de basse continue en quelque sorte et de superviser l’ équilibre général; il se chargea également et du mixage et du montage qu’ il réalisa au studio IPEM à Gand.

Il s’ agit donc d’ un opéra-minute non sémantique dont chaque personnage aurait composé la musique de son propre rôle dans un style se rapprochant du récitatif et qui est devenu une sorte de poème électronique narratif ( comparable au Poème symphonique de jadis ) et qui a suivi de très près à la fois l’ atmosphère, le dramatisme et la structure du poème de Goethe.

Pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35