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  • Toreutique I Op 40                                            PB MICHELpour clarinette, violoncelle et piano en 3 partiesLe mot TOREUTIQUE est un vieux mot qui signifie art de ciseler le bois, le métal, l’ivoire. Il s’agit donc ici de tirer le maximum de couleurs sonores avec le minimum de Moyens instrumentaux d’un simple Trio. Cette œuvre fut écrite en1969 à la demande du clarinettiste Marcel Ancion à une époque ou le sérialisme était abandonné bien que des groupes de 12 sons apparaissent ça et là.Le gout du compositeur pour des images sonores plutôt que pour des mélodies ou des thèmes l’utilisation d’arpèges qui vont dans tous les sens par groupes dans la 1ère partie . La deuxième partie pourrait s’intituler  »Accords queues » accords très brefs avec une seule note tenue et la 3ème partie se caractérise par l’utilisation non systématique de grands intervalles.
  • A propos de BASSONNANCEOp 26 pour Basson solo de PB. MICHELDans les années 1950 et 60, on composait beaucoup de pièces pour instruments soli essayant d’exploiter au maximum les nouvelles façons de produire les sons sur chaque instruments de façon à diversifier les timbres notamment à la suite des différentes « sequenzas » de Bério. Il m’avait semblé que le basson était traité en parent pauvre.Je n’ai pas voulu tellement insister dans cette œuvre sur cet aspect technique et virtuose mais plutôt sur la phraséologie engendrée par les modes d’articulation et qui engendre elle-même la forme. Etant donné la nature du matériau, la forme, ici est ouverte et mobile c’est-a-dire à parcours qui se réalise :1. dans la macroforme par l’alternance de deux type de section l’une stabile et l’autre mobile afin de respecter le principe du contraste2. dans la microforme avec chaque fois un procédé différent de mobilité soit durées notées approximativement ou pas notée du tout ou simplement chronométrées soit articulation non définies ou hauteurs non définies, modes de jeu divers. Quant au langage, les 12 sons, étant émis assez librement je compose surtout avec des relations c’est-a-dire avec des intervalles surtout lorsqu’il s’agit d’un instrument monodique.Quant au style, il exploite notamment dans les séquences stabiles l’aspect plus ou moins humoristique de cet instrument tandis que dans les séquences dites mobiles une impression théatrale vient encore renforcer ce caractère notamment lorsque l’interprète doit démonter son instrument et/ou jouer sur l’anche seule. On pourrait aussi intituler cette pièce «  fagotterie »Il vous faudra consulter la Partition qui se trouve au CeBeDeM avec son mode d’emploi.Il y a selon moi un aspect heuristique puisque le compositeur doit trouver pour chaque œuvre mobile un nouveau procédé de mobilité. Attention! Il ne s’agit nullement de musique aléatoire ! dans laquelle plus rien n’est vraiment « pensé »Cette œuvre peut aussi être interprétée avec une bande magnétique intitulée « Toreutique VI » que j’ai réalisée à Gand avec des appareils à présent obsolètes.Il existe aussi une transcription adaptée pour clarinette basse intitulée « CLARBASSONNANCE » avec ou sans bande magnétique. Cette dernière version a été jouée à plusieurs reprises par le clarinettiste hollandais Haary SPAARNAY à Amsterdam, à Bonn ( 1976) lors de « Klanginvasion » devant une pâtisserie et dans un musée. »Bassonnance » sélectionné par la Tribune internationale des Compositeurs contemporain a été interprété par ANGHEL à Leuven en 1980 et au Palais des BA en 1979 ( 24 heures de communication )Pour cette oeuvre j’avais consulté un bassonniste présent à Darmstadt au cours des années 1960.

    Notice sur BASSONNANCE + TOREUTIQUE VI Op. 26

    (1966-1974 – 16′ )

    BASSONNANCE pour basson solo est une œuvre mobile ou à parcours et qui change donc de forme à chaque exécution. Six séquences stabiles c’est-à-dire telles qu’elles sont écrites avec précision alternent avec six séquences mobiles très différenciées dont chacune rend variable un des paramètres du son paramètre qui n’est donc pas écrit sur la partition. De plus l’une de ces séquences met l’accent sur le paramètre timbre lui-même en demandant à l’interprète l’utilisation de sons multiphoniques ou de jeu avec l’anche seule ou avec la moitié de son instrument qu’il doit donc démonter.

     En 1974, PB. Michel à composé au studio IPEM de Gand une bande magnétique de I6 minutes intitulées « TOREUTIQUE VI » qui peut s’écouter seule mais qui peut aussi se superposer à certaines œuvres pour instruments solistes de façon à obtenir une pièce mixte. Toreutique est un vieux mot qui signifie art de ciseler le bois, le métal, l’ivoire. Il s’agit donc d’une sorte de ciselure sonore. La bande est constituée de deux types de sons, sur deux pistes différentes. Sur l’une, des sons ou bruits de synthétiseur travaillés, sur l’autre des clusters et pizzicatos de piano et bêlements prélevés sur un jouet et transformés Si l’interprète choisit de jouer une version « accompagné » par la BM, il devra d’abord l’écouter plusieurs fois et se laisser pénétrer par celle-ci pour choisir intuitivement un parcours à travers les différentes séquences de BASSONNANCE qu’il fait correspondre avec les séquences de la bande magnétique. Signalons que l’auteur a par la suite établi une version pour clarinette basse intitulée CLARBASSONNANCE. BASSONNANCE + TOREUTIQUE VI a été sélectionné par la Tribune internationale des compositeurs contemporains

  • Notice sur “REX PACIFICUS” Op 35 de PB MICHEL(Mai 1968 – 31 minutes )Cette oeuvre qui résulte d’une commande de la Radiotélévision belge  est une sorte de motet radiophonique écrit spécialement pour la radio et qui en utilise les ressources propres. Il est écrit pour basse solo, choeur à 6 voix le plus souvent mais dont les subdivisions peuvent aller jusque’ à 36 parties, ensembles de cuivres, quatuor de saxophones, harpe, piano célesta, orgue, cordes, timbales, 4 percussionnistes et bande magnétique, utilise des textes issus de sources très diverses et d’auteurs anciens mais qui tous expriment l’ horreur de la guerre ou l’ amour de la paix.L’ oeuvre est divisée en 10 séquences enchaînées et qui utilisent un texte différent en langue originale. Le principe polylinguistique du motet moyenâgeux est donc ici utilisé. Toutefois, le “Magnificatus est Rex pacificus” , antienne tirée  de l’office liturgique de la Noël est lui-même divisé en 4 segments qui sont placés en différents endroits comme des rappels d’ invocations pacifiantes entre les cris de haines, de joie ou de terreur selon le cas.Plan de l’oeuvre et sens succinct  du texte de chaque séquence :1. “ Magnificatus est Rex Pacificus “ ,sorte d’introduction pour le choeur commençant en bouche fermée.
    2. Texte extrait du XI chant de la Divine Comédie de Dante sur le châtiment des violents en enfer.
    3.”… cujus vultum desiderat universa terra.” Suite de l’Antienne pour choeur a cappella avec utilisation du style du chant grégorien     célébrant la venue d’ un Roi de paix.
    4. Texte extrait de “La Paix” d’Aristophane déclamé en grec par le choeur. Il s’agit des sentiments de satisfaction qu’ éprouve le soldat enfin rentré chez lui et enfin débarrassé du casque et du brouet militaire et qui préfère boire joyeusement au coin du feu avec des amis “ pendant que sa femme prend un bain”, ce dernier détail mettant l’assemblée en joie. Transition par une sorte de jazz avec saxophone solo.
    5. Antienne du Jeudi-Saint par la basse solo qui chante douloureusement les persécutions dont le juste et le pacifique sont l’objet; réponse haineuse et vociférante du choeur dont le mot “haine” se détériore peu à peu et finit par ne plus pouvoir sortir.
    6.“Paix est trésor…”, poème de Charles d’ Orléans, prisonnier des anglais que la guerre empêche “ de revoir France que mon ceur amer doict. “.
    7. “ Magnificatus est “ , suite de l’Antienne. Atmosphère pacifiée par le choeur et la bande magnétique.
    8. Quatuor de saxophones et choeur d’ hommes psalmodiés conversant paisiblement dans un style se rapprochant de celui de l’Ars Nova  sur un autre extrait de La Paix d’ Aristophane célébrant la joie des cités réconciliées.
    9. Interlude symphonique agité  q&ui introduit la 3ème strophe de la ballade d’ Eustache Deschamps qui décrit les horreur de la guerre: “…Guerre mener n’ est que damnation “..
    10. Fin du texte de l’Antienne “Rex Pacificus “ Dernière allusion au chant grégorien. Célébration du règne de la Paix universelle par le moyen d’accords très épais formant un plenum sonore changeant sans cesse de couleur par l’intensité les différents vocables, les effets vocaux ( bouche fermée etc ). Choeur à 36 voix en clusters de plus en plus pacifié  et céleste. Conclusion par la basse solo qui dit en chinois un vers de LAO TSEU “ Et la Victoire aussi devrait être célébrée en des rites funèbres”  , phrase reprise en français par le choeur.Nombreuses diffusions radiophoniques; oeuvre présentée à Darmstadt (1968  )et au festival de Royan
  • Notice sur PRISMES Op 42                              Cette pièce pour quatuor de clarinettes a été composée en 1969 pour le Quatuor Marcel Ancion qui l’a enregistrée sur disque . La notion traditionnnelle de « thème » fait place, ici à celle d’image musicale, sortes de « moments sonores » qui s’enchainent en se transformant mais, plus rarement en s’opposant fortement. On remarque, par exemple peu après le début un « vivo mormorante » dont les notes rapides et babillardes d’abord, s’allongent peu à peu pour se figer. Plus loin, une transformation consistera en une accumulation progressives de notes de plus en plus fortes, la masse sonore se dirigeant peu à peu vers l’extrême aigu. Vers le milieu de l’œuvre, apparait le plus fort contraste : la survenance après une sorte de bruitage d’une image inspirée de l’Ars Nova, prisme axial de ces Prisme dont chaque image musicale est une face.
  •  Notice sur LE FEU ET LE MONDE Op. 45

     1970 – 31’

     Depuis plusieurs dizaines d’ années, il est devenu courant d’ avancer que l’ art moderne en général et la musique en particulier se rapprochait de la science ( déjà considérée comme telle au Moyen-âge ) et que les artistes d’ aujourd’hui se doublaient de techniciens, de savants, voire de mathématiciens. En fait, il ne s’ agit là que d’ une face de la vérité. Car on pourrait tout aussi bien dire que la science d’ aujourd’hui se rapproche de l’ art et de la poésie. En effet, c’ est l’ imagination cette fée et reine de la recherche comme l’ appelle Einstein lui-même qui est à l’ origine des découvertes scientifiques modernes et même des applications découlant de ces découvertes; il fallait d’ abord être poète pour prétendre aller dans la lune et chacun sait que la pratique des mathématiques comprend au départ une bonne dose d’ intuition voire d’ imagination même si celle-ci est spéculative; la philosophie aussi depuis Bergson a fait craquer les limites du rationalisme et nombres de philosophes contemporains estiment parfois nécessaire un langage poétique pour se faire entendre.

     Un homme comme Teilhard de Chardin me paraît précisément être à la fois un scientifique, un philosophe, un poète et en outre un esprit religieux dans le sens le plus élevé du mot.

     Dans cette œuvre “ LE FEU ET LE MONDE”, je me suis servi de divers extraits ayant comme thème le feu, thème très important dans l’ œuvre de Teilhard par ce que le feu est un état de la matière en perpétuelle maturation, cette matière qu’il a étudiée comme homme de science, chantée comme poète dans “l’Hymne de l’Univers” et dans laquelle il voit le support de l’ Esprit (“La puissance spirituelle de la matière” ). J’ ai donc utilisé les textes intitulés “ Le Feu au-dessus du monde” et “ le Feu dans le monde” ainsi que quelques fragments extraits du “Sens de l’ effort humain”. Afin de relier cette pensée à une tradition plus lointaines, j’ ai également utilisé quelques extraits bibliques ayant aussi comme thème le Feu tantôt destructeur ou maléfique, tantôt vivifiant et purificateur ( le Buisson ardent, la destruction de Sodome et de Gomorhe symbolisant à tort ou à raison pour l’ homme du XXè siècle la menace nucléaire, un extrait de la 7ème trompette de l’ Apocalypse et le Feu spirituel de Pentecôte dont la division en langues est symbolisée dans la partition par une subdivision de la polyphonie vocale allant jusqu’ à 24 parties.

     Cette sorte de cantate est divisée en 11 séquences dans lesquelles chœur, solistes et récitants alternent de façon à contraster et équilibrer formellement l’ œuvre compte tenu de l’ enchaînement des idées ou de leur opposition. La composition de l’ ensemble instrumental s’ il est inaccoutumé avec ses 12 trompettes, orgue et percussion peut suggérer très subjectivement à l’ esprit de l’ auditeur une foule de symboles à commencer par la matière brute symbolisé par la percussion , transmutation de cette matière symbolisée peut-être par la métamorphose des sons émis par l’ orgue et sa possibilité infinie de coloration puis par les douze trompettes pour lesquelles l’ utilisation de sourdines différentes et d’ attaques modifient également la sonorité et par le chœur ( élément humain dans le son ) auquel il est demandé une émission de sons allant du chuchotement au hurlement, en passant par le murmure, le sifflement, la bouche fermée, le chanté, le glapissement etc. Les quelques textes latins étant traités en l’ occurrence pour leur valeur sonore tout en laissant toutefois le commentaire expressif à leur environnement instrumental.

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