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 Notice sur TOREUTIQUE II Op. 50

(1971 – 11’45 »)

 Cette œuvre de chambre est écrite pour 8 instrumentistes soit flûte qui prend aussi la flûte à coulisse, clarinette violon, violoncelle, harpe, piano et une abondante percussion. Le mot TOREUTIQUE qui en constitue la titre est un vieux mot qui signifie art de ciseler le bois le métal, l’ivoire. Il s’agit donc pour ainsi dire d’une ciselure du son c’est-à-dire d’une recherche au niveau de l’émission du son de façon à faire varier les couleurs et les timbres voire d’en trouver de nouveaux. C’est ainsi que nous trouvons dans la partition l’utilisation de 24 instruments dits de percussions dont certains ne sont joués qu’une seule fois. En dehors des instruments traditionnels, on notera l’utilisation d’objets plus insolites tels que le tuyau-chenille qui sert à la construction et que l’ont fait tournoyer de façon à obtenir des sifflements de sons harmoniques, un tambourin tibétain à boules, des baguettes de verre, un sac en papier gonflé d’air que l’on fait claquer au-dessus du piano. Quant à ce dernier il est muni de baguettes et de balais de jazz, d’un diapason avec lequel on va racler les chevilles, de billes d’une boule lourde et d’une balles tennis que l’on doit placer sur les cordes.

  • Mais tous ces bruits et variétés de timbres ne sont encore que des moyens par lesquels les divers épisodes reçoivent leurs caractères propres. Ainsi, à la Ière page de la partition, on peut lire ceci : »la harpe commence sans aucun signe du chef avant que le brouhaha de la salle ne soit dissipé ou même durant les applaudissements précédents comme si elle terminait l’accord de son instrument par un fa b indéfiniment répété » et l’œuvre se termine d’ailleurs de la même façon ce qui non seulement trahit le goût du compositeur pour l’œuvre ouverte (qui n’a ni commencement ni fin) mais aussi situe cette pièce à la frontière du théâtre instrumental . Après l’entrée successive de tous les instruments (d’abord la harpe, le piano et la percussion), la densité du discours s’accroît en une agitation interne qui se transforme en un murmure tournoyant non mesuré.Vient ensuite une imitation du nasard, jeu de mixture d’orgue bien connu bientôt suivi par une séquence d’un humour à la fois tendu et grinçant qui fait bientôt place à une atmosphère finale de détente.

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